Les iles Fidji constituent un habitat idéal pour le requin bouledogue qui y trouve à la fois nourriture abondante et eaux peu profondes pour y mettre bas. L’espèce y fait régulièrement l’objet de pêche pour sa consommation ou la revente de ses ailerons.
Au début des années 2000 un projet de conservation a été lancé avec la création du Shark Reef Marine Reserve, en collaboration avec les communautés locales. Les villages concernés renoncent volontairement à la pêche du requin dans leurs zones en échange d’une participation aux revenus du tourisme. Le projet deviendra en 2006 le Fiji Shark Corridor, s’étendant sur environ 30 miles le long de la côte sud de Viti Levu, l’ile principale des Fidji, obtenant le statut officiel de « National Marine Park » en 2014.
L’attraction principale consiste à emmener des touristes plonger avec des requins bouledogues. Mais cette espèce se montrant généralement timide avec les plongeurs, l’activité doit s’appuyer sur le nourrissage afin d’attirer les squales.
Si les impacts économiques sont indéniables pour les populations locales (4M$ reversés aux villages propriétaires des récifs en 2010), qu’en est-il de l’impact écologique sur les populations de requins, avec les effets négatifs souvent engendrés par le nourrissage d’animaux sauvages : sédentarisation et donc consanguinité, augmentation de l’agressivité vis-à-vis de l’homme et dépendance à son égard, modification des comportements de chasse etc. ?par Gilles Auroux – Reportage complet (texte et photos) sur demande
Reportage disponible pour la presse, en commande ou via la photothèque.Demander une licence
Le reportage
20 images
Les iles Fidji attirent chaque année 1,2 millions de touristes représentant 40% du PIB Leur attrait repose sur ses plages paradisiaques, mais également sur des fonds marins très bien préservés.

Sept espèces de requins fréquentent les eaux de Viti Levu, la principale ile des Fidji : requin corail, pointes noires, citron, zèbre, nourrice, tigre et bien sûr le bouledogue.

Espèce cosmopolite, on trouve le requin bouledogue dans les mers tropicales et subtropicales où il fréquente les eaux côtières peu profondes, avec une préférence pour les estuaires et les lagons.

Avec le grand blanc et le tigre, le bouledogue fait partie des espèces de requins les plus impliquées dans les attaques sur l’homme, ce qui lui vaut une réputation de requin imprévisible et agressif.

C'est notamment le requin bouledogue qui est jugé responsable de la plupart des attaques sur l’ile de la Réunion.

Le bouledogue est souvent victime de pêche, en tant que prise principale ou accessoire, et de nombreux requins parvenus à s’échapper portent encore les stigmates de leurs rencontres avec l'homme.

Pour les besoins de l’activité touristique, les plongées s’appuient sur un protocole extrêmement strict.

Les touristes s’agenouillent derrière de petits murets de pierres empilées, et le nourrissage s’effectue à environ 5 mètres de distance.

Des plongeurs munis de grosses barres de métal assurent la sécurité en repoussant les squales qui se montreraient trop entreprenants.

Une première méthode de nourrissage s’appuie sur des containers remplis de déchets de poissons à la conserverie locale.

Lors du nourrissage, ces containers sont déversés dans l’eau provoquant une tornade de requins et de poissons de récifs.

Avec cette méthode l’ensemble du récif bénéficie de l’apport de nourriture…

La seconde méthode de nourrissage utilise une perche sur laquelle est enfiché un morceau de poisson. Un geste brusque libère l’appât et les requins entrent alors en compétition pour l’attraper.

Cette méthode de nourrissage préserve l’équilibre naturel puisque seul le requin le plus rapide et le plus habile parvient à se nourrir.

La dernière méthode est le nourrissage manuel. Enfermés dans une caisse, les poissons sont sortis un a un et tendus aux requins par un plongeur dont le bras est protégé par une cote de mailles.

Cette méthode manuelle permet un nourrissage sélectif puisque le plongeur décide à quel requin donner le poisson, répartissant la nourriture entre les différents squales présents.

Parfois un requin tigre vient se mêler au nourrissage pour le plus grand plaisir des touristes… … et devant la taille imposante de certains spécimens, la montée d’adrénaline est garantie.

Si le requin tigre se contente généralement de passer devant les touristes, il peut aussi parfois se montrer un peu trop curieux.

Si les impacts économiques sont indéniables (4M$ reversés aux villages en 2010), qu’en est-il de l’impact sur les populations de requin : sédentarisation, modification des comportements, agressivité ?




