When the Abkhazian war ended in 1993, this breakaway region of Georgia was controlled by pro-Russian separatists. 250,000 Georgians were forced to flee in haste. Some of them ended up in the sanatoriums in the west of the country, hoping to return home quickly. A generation later, the Russian specter is once again hovering over Georgia, the sanatoriums are now dilapidated, but the internally displaced people are still there. David Taché went to meet them.
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Irakli, réfugié d'Abkhazie, sur la terrasse du Metalurgist, un sanatorium soviétique desaffecté.

Avalina, 78 ans, est arrivée à Tskhaltubo en octobre 1993 après la prise de Soukhoumi, la capitale d’Abkhazie, par les forces séparatistes. Pour échapper aux massacres, elle a traversé durant deux…

La Géorgie compte 290.000 réfugiés internes (IDP, pour Internally Displaced Person), représentant environ 7% de la population. 60.000 d’entre eux résident dans des logements collectifs désaffectés…

On dénombre une vingtaine de sanatoriums à Tskhaltubo. Le premier date de 1936, mais Samgurali (photo) a été achevé en 1987, peu avant l’éclatement de l’URSS. Ils étaient destinés en priorité à…

Si tous les sanatoriums ont été construits pour accueillir leurs visiteurs dans le faste et le luxe, les bâtiments ne sont plus que l’ombre des palaces qu’ils ont pu être.

Plusieurs centaines de familles étaient entassées dans chacun des hôtels. Progressivement désaffectés, les sanatoriums recèlent encore des objets et souvenirs abandonnés par leurs occupants…

Des cahiers d’écolière, vieux d’une vingtaine d’années, traînent sur le sol d’un sanatorium.

Pour les quelques réfugiés encore présents, le temps s’écoule lentement dans les halls silencieux.

Les tâches quotidiennes sont les seules distractions. Irakli, arrivé à l’âge de sept ans à Tskhaltubo, débite ici le bois nécéssaire au chauffage et à la cuisine.

Irakli exhibe fièrement ses poulets.

Les habitants cultivent leurs potagers, élèvent des volailles et parfois même des bovins dans l'enceinte des sanatoriums.

“C’est la faculté à échanger et aider son prochain qui nous a sauvés lorsque nous sommes arrivés en 1993 et que les sanatoriums étaient remplis. C’est cette solidarité qui me manque le plus”, se…

Deux hommes discutent sur un balcon en profitant d’un après-midi ensoleillé.

Les réfugiés ont eu recours à des moyens étonnants afin de profiter des ressources qu’offraient les bâtiments. Au cours des hivers rigoureux, il était courant de démonter les parquets pour faire du…

La religion occupe également une grande place dans la vie des réfugiés. Ici, Avalina récite une de ses prières quotidiennes.

Affaiblie par ses conditions de vie difficiles, Venera, 75 ans, se repose. La vétusté favorise l’apparition de maladies, et la pension de 400 Laris mensuels (soit un quart du salaire moyen) accordée…

Les traumatismes de la guerre sont encore vivaces trente ans après et se retrouvent jusque dans les dessins d’enfants ornant les murs.

Les plus jeunes générations, ayant vécu toutes leurs vies dans les sanatoriums, sont bien plus assimilées que les précédentes. L’école gratuite et obligatoire les a aidées à s’intégrer dans la…

Les familles toujours installées dans les sanatoriums par manque de moyens, comme celle d’Irina, Giorgi et Nia, peinent à offrir un avenir meilleur à leurs enfants.

Nia s’amuse dans une salle de spectacle dévastée devenue salle de jeu.

Certains des réfugiés continuent d'habiter dans les sanatoriums bien qu'un appartement moderne leur ait été fourni par le gouvernement. Venera ne peut encore s'installer dans le sien, faute de…

Afin de recevoir un appartement des autorités, des Géorgiens des environs ont parfois fraudé et se sont fait passer pour des réfugiés, réduisant ainsi les chances des véritables exilés d’en obtenir…

Les conditions de vie sont semblables dans les "nouveaux quartiers" de logements sociaux, avec un chômage omniprésent et un taux de pauvreté atteignant 60%. 400 millions de dollars ont été dépensés…

Logée dans ces nouveaux quartiers depuis 2015, Mzia contemple avec émotion le portrait de son fils, mort au combat en Abkhazie en 1993.
