Lorsque la guerre d’Abkhazie d’achève en 1993, cette région sécessionniste de Géorgie est contrôlée par les séparatistes pro-russes. 250.000 Géorgiens sont contraints de fuir dans l’urgence. Une partie d'entre eux se retrouve dans les sanatoriums de l’ouest du pays et espère revenir rapidement dans leur foyer. Une génération plus tard, le spectre russe revient planer au-dessus de la Georgie, les sanatoriums sont maintenant délabrés, mais les déplacés internes y sont toujours.
Ce travail a été projeté au festival de Visa pour l'Image 2025 et été sélectionné au prix Mentor Freelens en 2024.
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Le reportage
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Irakli, réfugié d'Abkhazie, sur la terrasse du Metalurgist, un sanatorium soviétique desaffecté.

Avalina, 78 ans, est arrivée à Tskhaltubo en octobre 1993 après la prise de Soukhoumi, la capitale d’Abkhazie, par les forces séparatistes. Pour échapper aux massacres, elle a traversé durant deux…

Si tous les sanatoriums ont été construits pour accueillir leurs visiteurs dans le faste et le luxe, les bâtiments ne sont plus que l’ombre des palaces qu’ils ont pu être.

Des cahiers d’écolière, vieux d’une vingtaine d’années, traînent sur le sol d’un sanatorium.

Pour les quelques réfugiés encore présents, le temps s’écoule lentement dans les halls silencieux.

Les tâches quotidiennes sont les seules distractions. Irakli, arrivé à l’âge de sept ans à Tskhaltubo, débite ici le bois nécéssaire au chauffage et à la cuisine.

Irakli exhibe fièrement ses poulets.

Les habitants cultivent leurs potagers, élèvent des volailles et parfois même des bovins dans l'enceinte des sanatoriums.

“C’est la faculté à échanger et aider son prochain qui nous a sauvés lorsque nous sommes arrivés en 1993 et que les sanatoriums étaient remplis. C’est cette solidarité qui me manque le plus”, se…

Deux hommes discutent sur un balcon en profitant d’un après-midi ensoleillé.

La religion occupe également une grande place dans la vie des réfugiés. Ici, Avalina récite une de ses prières quotidiennes.

Affaiblie par ses conditions de vie difficiles, Venera, 75 ans, se repose. La vétusté favorise l’apparition de maladies, et la pension de 400 Laris mensuels (soit un quart du salaire moyen) accordée…

Les traumatismes de la guerre sont encore vivaces trente ans après et se retrouvent jusque dans les dessins d’enfants ornant les murs.

Les plus jeunes générations, ayant vécu toutes leurs vies dans les sanatoriums, sont bien plus assimilées que les précédentes. L’école gratuite et obligatoire les a aidées à s’intégrer dans la…

Les familles toujours installées dans les sanatoriums par manque de moyens, comme celle d’Irina, Giorgi et Nia, peinent à offrir un avenir meilleur à leurs enfants.

Certains des réfugiés continuent d'habiter dans les sanatoriums bien qu'un appartement moderne leur ait été fourni par le gouvernement. Venera ne peut encore s'installer dans le sien, faute de…

Afin de recevoir un appartement des autorités, des Géorgiens des environs ont parfois fraudé et se sont fait passer pour des réfugiés, réduisant ainsi les chances des véritables exilés d’en obtenir…

Les conditions de vie sont semblables dans les "nouveaux quartiers" de logements sociaux, avec un chômage omniprésent et un taux de pauvreté atteignant 60%. 400 millions de dollars ont été dépensés…

Logée dans ces nouveaux quartiers depuis 2015, Mzia contemple avec émotion le portrait de son fils, mort au combat en Abkhazie en 1993.
