Exercice TARANIS 2025

 

REPORTAGE COMPLET :

inauguration de la nouvelle piste tactique
La matinée s’est ouverte sur l’inauguration officielle de la nouvelle piste tactique de la base aérienne 123, un aménagement attendu et destiné à renforcer les capacités d’entraînement des équipages en contexte dégradé. Autour du ruban tricolore, plusieurs généraux et élus locaux avaient fait le déplacement pour saluer un investissement qui permettra de multiplier les scénarios de posés courts, de manœuvres simultanées et de mises en situation proches des théâtres d’engagement actuels. Cette ouverture symbolique a donné le ton d’une journée entièrement tournée vers la préparation aux opérations de haute intensité et à l’adaptation permanente des moyens de la BAAP.

L’A400M ATLAS, pierre angulaire des évacuations médicales de crise
À l’intérieur du vaste A400M ATLAS présenté ce jour-là, deux infirmiers convoyeurs détaillent les capacités sanitaires de l’appareil. Leur mission habituelle : rapatriement de blessés, soutien aux hautes autorités, évacuations de ressortissants en zone de crise. Trois configurations sont possibles. La première, la plus courante, permet l’installation de huit brancards sur les montants prévus à cet effet, afin de greffer des patients légers sur une mission déjà programmée. La seconde, déployée notamment durant la pandémie, aligne jusqu’à quatre modules de réanimation, soit huit patients lourds pris en charge par une équipe médicale complète : réanimateurs, anesthésistes, infirmiers spécialisés et convoyeurs. « Nous avons tout ce qu’il faut pour assurer imagerie, biologie et prise en charge d’intubés », résument les soignants. Enfin, la version haute intensité pousse la capacité jusqu’à 60 blessés couchés, configuration pensée pour un afflux massif de victimes.
Avec ces variantes, l’A400M reste un outil pleinement modulable, capable de répondre en quelques heures à des crises humanitaires comme à des besoins militaires urgents.

Caracal, Fennec et VENOM : du matériel de pointe.
À proximité, un Caracal offrait un aperçu concret des moyens héliportés engagés dans les opérations spéciales. L’un des Chefs d’équipe du Centre d’expérimentation du CAM présente cette machine robuste, héritière directe du H225M. « C’est une plateforme qui peut tout faire : transport de troupes, opérations spéciales, recherche et sauvetage, contre-terrorisme maritime », rappelle-t-il. Endurant, - trois heures de vol, près de 800 km d’autonomie - le Caracal peut embarquer jusqu’à 24 personnels en soute. L’équipage du jour, venu directement de Cazaux, travaille à l’intégration et à l’évaluation de nouveaux systèmes destinés aux forces spéciales comme aux missions de protection.

Un Fennec de l’EH 3/67 PARISIS est exposé aux côtés du VENOM, tout juste livré, est présenté comme une avancée majeure pour les opérations de sûreté aérienne. Engagés sur les Jeux olympiques, la Coupe du monde de rugby ou encore le Salon du Bourget, les binômes Fennec-VENOM ont déjà neutralisé plusieurs drones hostiles. « Ce véhicule nous permet d’être autonomes pendant cinq jours, en tout lieu, sans soutien extérieur », explique l’un des opérateurs. Cuisine intégrée, frigo, six couchettes, coffre-fort pour l’armement, panneaux solaires, batteries haute capacité : le VENOM a été pensé comme une base mobile autosuffisante. L’équipage type — deux pilotes, deux mécaniciens et deux tireurs — peut ainsi se projeter rapidement en France comme à l’étranger, en appui d’un hélicoptère équipé de moyens de détection, d’un HK et d’un brouilleur anti-drone.

La révolution de la simulation massive en réseau
TARANIS 2025 marque également une étape dans le développement de la Simulation Massive en Réseau (SMR), devenue un outil central pour la formation des équipages. Au CIEH comme au CIET, les cabines adaptées à chaque flotte projettent les pilotes dans des missions complexes : vols en formation, largage de parachutistes, gestion d’engagements sol-air, coordination avec avions de chasse ou troupes au sol. Un instructeur résume l’enjeu : « Ces missions génèrent une charge mentale énorme. Les vivre en simulateur avant le premier vol réel permet de rationaliser l’action, d’éviter l’effet de découverte. »
À terme, la SMR doit relier toutes les bases : transport, chasse, hélicoptères, défense sol-air, contrôle aérien. Objectif : créer des scénarios massifs réunissant des centaines d’aéronefs et de personnels, pour travailler de nouvelles tactiques à l’échelle interarmées.

Le MCO de combat : réparer vite, en conditions dégradées
L’autre volet majeur est la préparation au Maintien en Condition Opérationnelle (MCO) de combat. Mécaniciens réinternalisés dans les unités, nouvelles méthodes d’analyse du risque, réparations innovantes : l’armée de l’Air et de l’Espace renforce sa capacité à remettre en vol un aéronef endommagé dans des délais extrêmement contraints. Un exemple récent l’illustre : suite à un impact volatile survenu lors d’un exercice à Castres, les équipes ont conçu et fabriqué sur place une pièce sur-mesure permettant au transporteur de rejoindre sa base en moins de 24 heures.
Un autre technicien présente un logiciel dédié, capable d’évaluer en temps réel les risques encourus lorsqu’une mission urgente impose de dépasser un potentiel moteur ou une visite de maintenance. « L’équipage garde la décision finale, mais il dispose d’une matrice de risques claire et immédiate. »

Une démonstration à forte intensité et qui s’inscrit dans l’histoire du transport aérien militaire
Pour illustrer la diversité des scénarios mis en œuvre dans TARANIS 2025, plusieurs actions coordonnées ont été présentées sur le terrain. Les équipages ont notamment réalisé le ravitaillement en vol d’un A400M configuré en tanker avec deux avions de chasse de la Marine nationale, ainsi qu’une dépose de commandos depuis un Super Puma, appuyée par les capacités de lutte anti-drone d’un Fennec. La démonstration a également intégré une manœuvre de posés simultanés de quatre aéronefs de type TASLO — deux A400M, un C-130J Super Hercules et un CASA — conduite dans un contexte volontairement dégradé. Elle s’est poursuivie par un déchargement tactique de personnels et de véhicules, avant une évacuation d’un blessé en Puma et la récupération d’un groupe de commandos, simulant une extraction en zone contestée.

L’exercice TARANIS 2025 s’achèvera le 27 novembre par la commémoration des 80 ans du Transport aérien militaire. Une cérémonie place de l’Étoile, suivie du ravivage de la Flamme du souvenir, rendra hommage aux générations qui ont forgé la devise : « Combattre et sauver ». En rassemblant innovations, retours d’expérience, moyens aériens de nouvelle génération et entraînements tactiques d’envergure, TARANIS s’inscrit dans cette continuité. À Orléans comme ailleurs, la BAAP prépare déjà les combats de demain.

Synopsis du reportage :

Sur le tarmac de la base aérienne 123 d’Orléans-Bricy, l’exercice TARANIS 2025 a plongé, vendredi 14 novembre 2025, les unités de la Brigade aérienne d’assaut et de projection (BAAP) dans un environnement où la haute intensité devient désormais la norme. Conduit du 10 au 27 novembre 2025 depuis les bases aériennes 123 d’Orléans-Bricy et 115 d’Orange, cet entraînement d’ampleur réunit transporteurs, hélicoptères, mécaniciens, équipages santé, experts du MCO et nouveaux moyens de lutte anti-drone, le tout dans des scénarios dégradés et contestés inspirés des théâtres d’opérations actuels.

>>> Lire le reportage complet ci-dessous

Photographe et auteur : Audrey Rodrigues
Images disponibles sur demande ou sur Pixpalace.

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