Le slam comme symbole de résistance

 

REPORTAGE COMPLET :

Dans cette région de la République démocratique du Congo (RDC) marquée par la pauvreté, l’insécurité et les déplacements forcés depuis trois décennies, un centre culturel à une dizaine de kilomètres de Goma, demeure l’un des rares lieux où la jeunesse peut encore se retrouver, lire et créer.
Autour d’un feu, le 19 novembre, les membres du Masisi Slam, jusqu’ici silencieux, ont livré des textes politiques et chargés d’émotions, mêlant espoir et colère, lors de la soirée intitulée La flamme de résilience . « Dans le territoire du Masisi où nous sommes nés, nous n’avons connu que la guerre. Nous voulons, grâce au slam, convaincre les Congolais qu’une autre voie est possible », explique Steven Muhindo, âgé de 25 ans et fondateur du Masisi Slam.

Soigner les maux
Son histoire ressemble à celle de beaucoup de ses compatriotes. Né à Sake, il a grandi au rythme des violences et découvert le slam pendant ses études de médecine à Gom a. Formé par le collectif Goma Slam Session, il a dû interrompre l’université faute de moyens. Aujourd’hui, il travaille avec des humanitaires et comme fixeur pour les journalistes, mais n’a jamais laissé le feu de la poésie s’éteindre. « Le slam est ma thérapie, mon refuge », confie t il.
« C’est ma façon de soigner mes blessures et celles de ma génération. »
Ce soir là, à Sake, à mesure que la nuit enveloppe la ville, le public se resserre autour du feu. Les slameurs et slameuses du Masisi Slam, accompagnés à la guitare par Christian Bataana, alias CB King - qui enseigne la musique au centre culturel - ont recours au swahili, au lingala et au français. « Il s’agit de créer une symbiose linguistique, de montrer toute la diversité culturelle de notre pays », poursuit Steven Muhindo qui savoure ce moment d’expression et de partage.

Résistance

Depuis la prise de pouvoir des rebelles de l’AFC/M23, en janvier 2025, la liberté d’expression s’est encore réduite. Les performances publiques et les street slam , autrefois populaires et capables de rassembler des centaines de personnes, ont disparu. La peur poussait à l’autocensure et à l’usage de métaphores, au détriment parfois de la clarté du message. Jusqu’à cette session clandestine du 19 novembre, vécue comme un acte de résistance pacifique, où chaque poème était une manière de cultiver l’espoir. Steven et les siens, représentants d’une jeunesse qui refuse de se taire, continuent de croire que les mots trop longtemps retenus doivent jaillir à nouveau. « Nous n’arrêterons jamais, nous écrirons toujours. »

Synopsis :

Au Nord Kivu, en République démocratique du Congo, le slam n’a pas dit son dernier mot.

Après deux années de silence imposé par la guerre, le collectif Masisi Slam a repris la parole le 19 novembre à Sake, près de Goma. Intitulée La flamme de résilience , cette soirée de poésie scandée symbolise la renaissance d’un mouvement artistique étouffé depuis décembre 2023 par les combats opposant l’armée congolaise aux rebelles de l’AFC/M23, aujourd’hui maîtres de larges zones du Nord Kivu.

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Photographe et auteur : David Allignon
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